« Le poète doit se sacrifier deux fois : pour soi-même et pour l’autre. »

Claude Cahun, Aveux non avenus, Paris, Éditions du Carrefour, 1930, p. 230.

« Je persiste à réclamer les noms, à ne m’intéresser qu’aux livres qu’on laisse battants comme des portes, et desquels on n’a pas à chercher la clef. »

André Breton, Nadja, Paris, Gallimard, 1928, p. 18.

Présentation du projet

Le Livre surréaliste n’a presque jamais un seul auteur : fruit d’une collaboration qui crée un nouveau rapport entre l’écrit et le pictural, il appelle une autre manière de l’étudier qui prenne en compte cette réalité, elle-même éclairée par l’histoire du livre et les perspectives ouvertes par les études sur le genre.

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Présentation du projet (suite)

Le principal objectif de cette recherche subventionnée par le Conseil de recherches en sciences humaines (CRSH) est de repenser l’objet livre surréaliste en termes de démarche collaborative, de genre et de dispositif texte/image. Les recherches d’Henri Béhar, Renée Riese Hubert, Lothar Lang et Yves Peyré, entre autres, ont éclairé la place privilégiée prise, au sein du mouvement surréaliste, par la collaboration entre écrivains et artistes visuels dans l’élaboration d’une nouvelle esthétique. Celle-ci se situait au-delà des frontières artistiques, médiatiques et génériques. L’échange instauré entre deux créateurs y prend forme dans ce qu’on appelle aujourd’hui communément le « livre d’artiste ». Ces collaborations entre auteurs et artistes aboutissant aux grands classiques du Livre surréaliste (tels Nadja de Breton et Jacques-André Boiffard, Facile d’Éluard et Man Ray et Parler seul de Tzara et Miró) ont été largement explorées. Il n’en est cependant pas de même des ouvrages créés par deux femmes (Aveux non avenus de Claude Cahun et Moore ; Le Cœur de Pic de Lise Deharme et Claude Cahun ; Le Poids d’un oiseau de Lise Deharme et Leonor Fini) ou par une femme et un homme (La Maison de la peur de Leonora Carrington et Max Ernst ; Le Réservoir des sens de Belen et André Masson ; Oiseaux en péril de Dorothea Tanning et Max Ernst). Les exemples de collaborations « féminines », d’une part, et « mixtes », d’autre part, sont pourtant nombreux, où les femmes dépassaient les traditionnelles pratiques de l’illustration, de la reliure ou du scrapbooking. C’est pourquoi une réflexion sur des projets de collaboration entrepris à l’initiative d’une femme auteur sollicitant le concours d’un-e artiste visuel-le afin de faire œuvre à deux se trouve placée au cœur de notre projet.

La recherche s’inscrit dans le contexte de la réflexion contemporaine sur le livre comme espace de rencontre, d’innovation et d’expérimentation. L’objet livre présente en effet différents dispositifs selon les rapports qu’y entretiennent les parties textuelles et les éléments visuels (peinture, photographie, dessin, eau-forte) : ces rapports peuvent être analogiques, complémentaires ou dialectiques, voire antagonistes. Les études sur les rapports texte/image (Word and Image Studies) dirigent l’attention sur les nouvelles formes qui se déploient dans ce face-à-face entre deux formes d’expression hétérogènes. L’étude du Livre surréaliste se renouvelle par ailleurs aussi aujourd’hui très activement grâce à la prise en compte de la part du  féminin.

Il s’agira de mettre en lumière la diversité des œuvres à l’étude (distinctes du livre illustré traditionnel comme de l’objet-livre de facture précieuse). L’étude des livres s’appuiera sur la notion de partage, fondée en théorie, permettant de décrire les spécificités du travail collaboratif entre auteures et artistes circulant de manière originale entre les arts et les médias, les genres et les milieux intellectuels de leur époque. Le projet se situe à la jonction des études sur l’écriture et la création des femmes au XXᵉ siècle, ainsi que sur l’esthétique surréaliste. Se concentrant sur le croisement du littéral et du figural au sein de l’espace du livre, l’un des principaux axes de réflexion sera notre manière de lire et d’analyser des dispositifs texte/image, variable d’une œuvre hybride à l’autre.

S’intéresser au « Livre surréaliste au féminin » signifie étudier, d’une façon toute nouvelle, l’apport des créatrices surréalistes au livre conçu comme un « creuset », pour reprendre le terme d’Yves Peyré, selon diverses modalités de collaboration. Les recherches envisagées ouvriront la voie à d’autres études sur la collaboration interartistique affectant l’histoire du livre et les pratiques de l’illustration. Les résultats de la recherche inscriront un nouveau chapitre dans son histoire entre le livre de bibliophilie cher au XIXᵉ siècle et les pratiques hybrides de nombreux auteurs ou artistes contemporain-e-s (Christian Boltanksi, Annette Messager, Sophie Calle, Hervé Guibert, Joan Fontcuberta et Lydia Flem, entre autres).

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